Les actions européennes ont nettement reculé alors que le Brent a dépassé les 100 $ et que la BCE a mis en garde contre les risques d’inflation importée. Le solide rapport trimestriel d’Intel a ravivé l’optimisme concernant la demande liée aux data centers et à l’IA. L’UE a infligé à Google une amende record au titre de la nouvelle loi DMA, mettant en lumière les risques réglementaires pour le secteur technologique. Par ailleurs, AMD a annoncé un produit phare — les processeurs serveurs EPYC Venice gravés en 2 nm, avec jusqu’à 256 cœurs — un lancement qui pourrait modifier l’équilibre des forces dans le domaine informatique. Pris ensemble, ces événements accentuent la volatilité des marchés et illustrent l’intersection entre géopolitique, réglementation et progrès technologique.
Les marchés européens ont enregistré une forte baisse jeudi. Sous la pression de la flambée des prix du pétrole, d’un ton offensif de la BCE et de quelques résultats d’entreprise décevants, le STOXX 600 a reculé de 1,3 % à 638,5, signant sa plus forte chute en une seule séance depuis plus de deux semaines et déclenchant des ventes massives à l’échelle de l’ensemble des secteurs.
Le déclencheur immédiat a été le pétrole. Les contrats à terme sur le Brent ont dépassé le seuil des 100 $/bbl pour la première fois depuis fin mai, après que les forces houthies au Yémen ont revendiqué des frappes de drones et de missiles contre deux pétroliers saoudiens — Encelia et Layla — en mer Rouge.
Ces attaques ont aggravé les perturbations du transport maritime via la mer Rouge et le détroit d’Ormuz et prolongé un rallye de cinq jours qui a propulsé le Brent de plus de 33 % sur le dernier mois.
Une pression supplémentaire est venue de la BCE. L’autorité de régulation a laissé le taux de dépôt inchangé, mais la présidente Christine Lagarde a averti qu’une forte hausse des prix du pétrole dans un contexte de tensions au Moyen-Orient augmentait le risque d’un regain d’inflation importée en Europe.
Les marchés ont interprété cela comme un signe que la baisse de taux envisagée en septembre pourrait être repoussée, car les décisions futures de politique monétaire restent « entièrement dépendantes des données ».
Les actualités d’entreprise ont accentué la tendance baissière. Nestle a chuté de près de 8 %, signant sa pire séance depuis 1989, après l’annonce de la vente de la moitié de son activité eau, incluant Perrier et S.Pellegrino, à Platinum Equity pour 3 milliards d’euros en numéraire.
STMicroelectronics s’est effondrée de 17,7 % après avoir donné pour le troisième trimestre une prévision de chiffre d’affaires légèrement inférieure au consensus, entraînant dans son sillage le secteur technologique plus large, en recul d’environ 2,9 %. Le groupe finlandais de papier et de biomatériaux Stora Enso a perdu 8,5 % en raison d’un résultat opérationnel inférieur aux attentes.
Il y a toutefois eu des gagnants. TotalEnergies a progressé de 2,5 % grâce à ses meilleurs résultats trimestriels depuis près de trois ans, et Dassault Aviation a bondi de près de 8 % après la publication de solides chiffres semestriels.
Le marché demeure extrêmement sensible aux facteurs géopolitiques et aux décisions de politique économique. La combinaison de la hausse des coûts de l’énergie, du discours des banques centrales et de résultats d’entreprise mitigés accroît la volatilité. Les investisseurs suivront de près les prochains signaux en provenance des producteurs de pétrole, des entreprises et des banques centrales.
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Intel a publié ses résultats du deuxième trimestre 2026, nettement supérieurs aux attentes. Le chiffre d’affaires s’est établi à 16,1 milliards de dollars, en hausse de 25 % sur un an, ce qui constitue la plus forte croissance trimestrielle depuis plus de 15 ans. Ce niveau dépasse largement la fourchette de prévisions d’Intel lui‑même (13,8–14,8 milliards de dollars) ainsi que le consensus du marché (environ 14,4 milliards de dollars).
Sur la base du BPA ajusté (non‑GAAP), Intel a dégagé un bénéfice de 0,42 dollar par action, contre une perte de 0,10 dollar un an plus tôt, soit près du double de la prévision moyenne des analystes (0,22 dollar). Le titre a bondi d’environ 11 % dans les échanges après la clôture.
Le segment des data centers et de l’IA a été le principal moteur de croissance, avec un chiffre d’affaires de 6,3 milliards de dollars, en hausse de 59 % sur un an.
Le chiffre d’affaires de l’activité client computing et edge AI a progressé de 13 % pour atteindre 8,9 milliards de dollars.
Intel Foundry (fabrication sous contrat) a enregistré une croissance de 31 %, avec un chiffre d’affaires de 5,8 milliards de dollars. La direction attribue cette surperformance à une vague de demande de puissance de calcul portée par l’IA.
Le CEO Lip‑Bu Tan a déclaré que l’IA crée une demande sans précédent et qu’Intel est bien positionnée pour une croissance durable grâce à sa feuille de route en matière de processeurs, à ses capacités en matière de silicium personnalisé, à son packaging avancé et à son réseau intégré d’usines de fabrication de tranches de silicium.
Il a également souligné l’accent mis par l’entreprise sur la rapidité, la responsabilité et la centration sur le client.
Intel a dévoilé une nouvelle solution d’infrastructure d’IA à l’échelle du rack, développée avec SambaNova et Foxconn, destinée aux charges de travail d’inférence et d’agents. L’entreprise a également annoncé le processeur serveur Xeon 6+ construit sur le nœud Intel 18A — une étape vers des performances plus élevées et une meilleure efficacité énergétique pour les serveurs.
Le rapport d’Intel s’est révélé sensiblement plus solide qu’anticipé : la croissance du chiffre d’affaires et un bénéfice par action positif sont des éléments clairement favorables. Le cycle des centres de données et de l’IA semble rester le principal moteur de la demande, soutenant la dynamique de l’entreprise.
La Commission européenne a infligé à Google une amende de 890 millions d’euros — la première sanction prononcée par le bloc dans le cadre du nouveau règlement sur les marchés numériques (DMA, Digital Markets Act). Les autorités de régulation ont conclu que Google privilégiait systématiquement ses propres services dans les résultats de recherche (par exemple, ses offres de shopping et de réservation), au détriment des services concurrents proposés par des tiers.
L’amende de 890 millions d’euros (environ 1 milliard de dollars) constitue la première grande sanction prononcée au titre du DMA depuis l’entrée en vigueur des règles en 2024, lesquelles ont renforcé les obligations des « gatekeepers » (des entreprises telles qu’Alphabet, Apple et Meta sont expressément visées par la législation).
La Commission a estimé que Google empêchait les développeurs d’applications sur Google Play d’informer de manière équitable les utilisateurs au sujet d’offres externes, y compris des alternatives meilleur marché, restreignant ainsi la concurrence.
Google dispose de 60 jours pour se conformer aux mesures imposées par la Commission. En cas de non‑mise en œuvre des changements requis, l’entreprise s’expose à des amendes pouvant atteindre 5 % de son chiffre d’affaires mondial.
Google a indiqué que les changements requis auront un impact sur le fonctionnement de ses produits. Kent Walker, SVP Global Affairs de Google/Alphabet, a déclaré que le DMA oblige l’entreprise à supprimer certaines fonctionnalités — par exemple, l’affichage instantané des prix et de la disponibilité des hôtels et des restaurants — ce qui, selon lui, dégradera l’expérience utilisateur. Google examine la décision de la Commission et envisage de faire appel.
La Commission a noté que Google est déjà en train de tester de nouveaux modes d’affichage de ses services dans les résultats de recherche et a précisé qu’elle suivra de près les évolutions à venir. Le régulateur a également jugé insuffisante la récente mise à jour des conditions de Google Play.
Lors des échanges avant l’ouverture de la séance, l’action Alphabet a reculé d’environ 4 % alors que les investisseurs digéraient l’amende et le regain d’inquiétudes concernant la hausse des dépenses liées à l’IA, que l’entreprise avait signalée dans ses dernières communications.
Ce type d’intervention réglementaire a généralement pour effet d’accroître la volatilité sur l’ensemble du secteur technologique et peut se répercuter sur des marchés adjacents — plateformes de voyage, agrégateurs en ligne et entreprises dépendantes du trafic issu de la recherche.
Lors de la conférence Advancing AI 2026 à San Francisco, AMD a officiellement dévoilé la nouvelle famille de serveurs EPYC 9006, nom de code Venice — les premiers CPU de l’entreprise fabriqués sur le nœud 2 nm de TSMC et basés sur la nouvelle architecture Zen 6. La CEO Lisa Su a indiqué que la production était déjà en cours et que les premières livraisons étaient prévues pour le troisième trimestre 2026.
Le produit phare est l’EPYC 9996 : jusqu’à 256 cœurs Zen 6c compacts et 512 threads sur le nouveau socket SP7 — soit environ 33 % de cœurs en plus que la génération précédente Turin (192 cœurs).
La puce est constituée de huit chiplets de calcul, chacun contenant 32 cœurs Zen 6c et 128 Mo de cache L3. Dans les configurations haut de gamme, la capacité totale de L3 atteint 1 024 Mo, soit près de trois fois celle de son prédécesseur.
La mémoire prise en charge est de la DDR5 à 16 canaux avec MRDIMM à 12 800 MT/s, offrant jusqu’à environ 1,6 To/s de bande passante par socket. Les systèmes mono-socket proposent jusqu’à 128 lignes PCIe Gen6.
AMD a présenté quatre variantes de Venice. La gamme SP7 sera lancée en premier et comprend à la fois des modèles haute fréquence avec jusqu’à 128 cœurs Zen 6 standard et des configurations « denses » allant jusqu’à 256 cœurs.
Une famille SP8 destinée aux solutions d’entreprise compactes et évolutives est prévue pour le premier semestre 2027 — jusqu’à 128 cœurs et une mémoire à huit canaux.
Ont également été annoncés séparément Venice‑X avec 3D V‑Cache et Verano. Venice‑X est prévu pour le second semestre 2027 sur SP7 : 96 cœurs, 1 152 Mo de cache L3 multi‑niveaux et des fréquences boost allant jusqu’à 5,15 GHz. Verano est une variante SP8 avec jusqu’à 72 cœurs et un sous‑système LPDDR5X à 24 canaux sur modules SOCAMM2. Selon Su, il est optimisé pour les nœuds hôtes IA de prochaine génération à l’échelle du rack.
En résumé, AMD a franchi une étape technologique majeure : le passage au 2 nm et à Zen 6 promet des gains significatifs en densité de cœurs et en capacité de cache. L’EPYC 9996 augmente sensiblement le nombre de cœurs et la capacité L3, des éléments essentiels pour les charges de travail de calcul évolutives et d’IA.
Cette annonce pourrait générer de la volatilité sur l’action AMD et plus largement dans l’écosystème des semi‑conducteurs et du matériel de serveurs. Les traders peuvent envisager un éventail d’approches, allant de la spéculation liée à l’événement à des prises de position sur les secteurs liés à l’IA et aux centres de données.
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